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La
question du piratage des câbles a été abordée dans les bulletins 20 (février
2002) et 21 (septembre 2002). Nous avions publié un article du New York
Times du 23 mai 2002 sur la question. Cet article de Niel King reprenait
les informations publiées dans un livre de poche rédigés par deux journalistes
américains : Sontag (Sherry) & Drew (Christopher), Blind Man's Bluff,
the untold story of american submarine espionage publié à New York en
octobre 1999 chez Harper Collins, New York.
Nous ne décrirons pas toutes les pages de cet excellent thriller qui se
lit en une nuit. Des fortunes ont été dépensées de part et d'autre pour
récupérer les pièces des missiles d'exercice perdus en mer au cours d'essais
ou de manœuvres. Certains épisodes le la guerre froide qui couvre la période
allant de 1945 à la chute du mur de Berlin peuvent vous donner un froid
dans le dos rétrospectif. Ainsi, chaque sous marin stratégique lanceur
de missiles à longue portée était suivi comme son ombre par un sous marin
d'attaque de l'autre nationalité prêt à le détruire avec un missile nucléaire.
Les trois sous marins espions à propulsion nucléaire qui se sont succédés
depuis les années 70 : Hallibut, Seawolf et Parche ont reçu les plus hautes
récompenses pour avoir fixer des bretelles sur les câbles sous marins
reliant les bases navales de Mourmansk à Cronstadt et Pétropavlosk à Vladivostok.
Chaque navire était équipé d'un caisson hyperbare qui permettait à une
équipe de plongeurs chargés de poser une bretelle sur les câbles soviétiques
reliant les bases stratégiques à leur Etat Major. La bretelle, un cylindre
rempli de capteurs des conversations a été fabriqué par le centre de recherche
d'AT&T (les Bell Laboratories), enserrait le câble espionné et enregistrait
tous les circuits analogiques. Le développement de l'Hallibut, dont la
première mission s'est déroulée en octobre 1971, avait surpris les membres
du Congrès, son prix étant 10 fois supérieur à un sous marin du même type.
En 1972, le Seawolf est moins chanceux que l'Halibut lorsqu'il est surpris
par une terrible tempête en plein travail. Il récupère les plongeurs,
abandonne le cylindre et s'enfuit. Le sable envahit ses circuits de refroidissement
et la fuite sur un seul moteur est lente et bruyante. Il est repéré par
un chalutier couvert d'antennes qui assure la protection à distance de
la base de Pétropavlosk. L'alerte est donnée, le cylindre made in US est
récupérer et exposé au musée de l'ex-KGB de Moscou.
Cet échec relatif a stimulé l'effort de recherche américain. En 1979,
le Parche, dernier né des sous marin espions fait le voyage de San Francisco
en mer de Barentz. Il pose des bretelles devant Mourmansk et en mer d'Okhotsk.
Couvert de récompense chaque année jusqu'en 1997, il vient d'être retirer
du service.
Selon les auteurs, la fin de la guerre froide n'a pas tari le montant
des crédits affectés à la Marine américaine pour réaliser cette tâche.
Le sous marin Jimmy Carter, quatrième espion de la lignée, est mis en
service cette année. Son budget prévisionnel est impressionnant car dériver
les informations d'un câble à fibres optiques pour le compte de la NSA
(National Security Agency) n'est pas une mince affaire.

Le livre est relativement peu explicite pour décrire
les opérations menées après la chute du mur de Berlin. Pour essayer d'en
savoir plus, nous avons consulté le site de la NSA : http://echelononline.free.fr/.
En effet, les câbles en fibre optique ne s'interceptent pas comme les
anciens câbles analogiques. Nous y avons lu que : CITATION L'interception
se situe au niveau des répéteurs régénérés qui transforment l'impulsion
optique en impulsion électrique afin de redynamiser le signal puis la
retransforme. C'est lorsque les données se trouvent sous la forme de l'impulsion
électrique que se mène l'interception qui est alors similaire à celle
d'un téléphone classique.
Les câbles sous marins jouent maintenant un rôle dominant dans toutes
les télécommunications internationales, puisque - contrairement à la largeur
de bande disponible et limitée sur les systèmes spatiaux - les médias
optiques offrent une capacité apparemment illimitée. Économiser l'aboutissement
des câbles dans les pays où les opérateurs de télécommunications fournissent
l'accès à Comint (tel que le Royaume Uni et les USA), les câbles sous
marins semblent intrinsèquement plus sécurisés en raison de la nature
de l'environnement océanographique.
L'opération de raccordement du câble d'Okhotsk a continué pendant dix
ans, impliquant des voyages courants pour trois sous marins différents
spécialement équipés pour collecter les anciens pods et en placer des
neufs, parfois, plus d'un pod à la fois. De nouvelles cibles ont été rajoutées
en 1979. C'est cet été, qu'un submersible nouvellement converti appelé
USS Parche a voyagé de San Francisco sous le Pôle Nord à la mer de Barents,
et a étendu un nouveau câble de raccordement près de Mourmansk. Son équipage
a reçu une citation présidentielle pour cette réalisation. Le raccordement
du câble d'Okhotsk a été terminé en 1982, après que sa localisation ait
été compromise par un ancien employé de NSA qui a vendu des informations
sur ce raccordement, nom codé " IVY BELLS ", pour l'Union Soviétique.
Un de ces pods IVY BELLS, est maintenant présenté dans le musée de Moscou
de l'ex-KGB. Le raccordement du câble en mer de Barents a continué à fonctionner,
tant qu'il n'a pas été détecté, jusqu'à ce que raccordement soit arrêté
en 1992.
Durant
1985, les opérations de raccordement sur les câbles ont été étendues en
méditerranéen, pour intercepter les liaisons câblées entre l'Europe et
l'Afrique occidentale. Après la fin de la guerre froide, l'USS Parche
a été reconditionné pour faciliter le matériel de raccordement et les
pods. Les câbles de raccordement ont pu être étendus par le contrôle à
distance en utilisant des drones. USS Parche a continué ses opérations
jusqu'en 2003 mais les cibles précises de ses missions après la guerre
froide sont restées inconnues. L'administration Clinton place évidemment
la valeur élevée sur ses accomplissements, chaque année de 1994 à 1997,
l'équipage du submersible a été fortement recommandée. Les cibles probables
peuvent inclure le Moyen-Orient, la Méditerranée et l'Asie orientale,
et l'Amérique du Sud. Les Etats-Unis sont la seule puissance navale connue
pour avoir déployé une technologie sous marine à cette fin.
Le POD posé sur les câbles au fond de l'eau
Des enregistreurs inductifs miniaturisés ont été également utilisés pour
intercepter les câbles souterrains. Cependant, les signaux radiofréquences
ne fuient pas des câbles fibres optiques et ne peuvent pas être captés
en utilisant les boucles inductives. La NSA et d'autres agences Comint
ont dépensé beaucoup d'argent en recherche pour se raccorder sur les fibres
optiques, visiblement avec peu de succès. Mais les câbles à fibres optiques
au fond ne sont pas invulnérables. Le principal moyen d'accès est de s'attaquer
aux " répéteurs " optoélectroniques qui amplifient les niveaux des signaux
sur les longues distances. Il s'ensuit qu'aucun système de câble submersible
utilisant des répéteurs optoélectroniques submergés ne peut être considéré
à l'abri des activités du renseignement des communications et des interceptions.
Signalons enfin qu'afin d'éviter de limiter les coûts, il semble logique
que des interceptions soient effectuées également à l'extrémité des câbles
sous marins, se trouvant sur les territoires des membres du Pacte UK -
USA. Ainsi, en Europe, l'accès à la communication par câble à l'entrée
et à la sortie du territoire n'est possible qu'au Royaume-Uni.
FIN DE CITATION.
Comme quoi la réalité d'un site officiel dépasse la fiction d'un roman
historique. Revenons aux informations fournies par la presse américaine
10 juin 2001: selon La Tribune, la NSA voit d'un mauvais
oeil l'évolution de la technologie. Depuis 1989 le Pentagone aurait réuni
des chercheurs pour tenter de percer les connexions réalisées via la fibre
optique. Finalement, la NSA aurait conçu une chambre sous marine destinée
à mettre sur écoute des câbles transatlantiques. Y aurait-il cause à effet
des câbles sous marins qui ont mystérieusement cassé en Australie et en
Asie du sud est ?
Février 2001: un second câble de liaison Internet casse
entre la Chine et les USA. Les internautes chinois risque de ne plus pouvoir
surfer pendant plusieurs jours en raison de "travaux" sur un câble sous
marin défectueux. Un câble qui donne accès aux serveurs basés aux Etats-Unis.
C'est la seconde fois qu'un câble sous marin est "défectueux" dans cette
région. Il y a quelques mois déjà un autre câble, donnant une liaison
entre l'Europe et l'Australie avait souffert du côté de Taiwan. Un sous
marin poserait-il une dérivation?
7 juillet 2001: le Wall Street Journal rapporte que la NSA
a réussi l'exploit d'aller percer et capter des câbles à fibres optiques,
qui transportent des millions de liaisons entre matériels informatiques
et téléphones, au fond de l'océan, grâce à un sous marin spécial. Mais,
selon son directeur général, Michael Hayden, la difficulté est d'analyser
des masses d'informations. "Avec les nouvelles technologies, il y a trop
de choses, trop compliquées à interpréter", a-t-il confié au WSJ.
La presse américaine n'a pas évoqué la mystérieuse et récente coupure
d'un câble méditerranéen qui relie l'Europe à l'Asie du Sud Est et qui
a fortement intrigué le personnel du navire chargé de la réparation. Il
est vrai qu'il n'est pas courant de trouver un câble sous marin tranché
net par grande profondeur.
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